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Excellence Monsieur Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine,

Excellence Monsieur Paul Kagame, Président de la République du Rwanda et Président en exercice de l’Union africaine,

Excellence Monsieur Cyril Ramaphosa, Président de la République d’Afrique du sud et co-Président du FOCAC,

Excellences les chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire général des Nations unies,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec réel plaisir et une pleine conscience de la solennité du moment que je m’adresse à vous à l’occasion de ce Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine.

Dans cette Chine pétrie d’histoire et de culture, au parcours jalonné de luttes acharnées contre l’adversité et d’avancées majeures dans son émergence, ces assises prennent un relief particulier. Elles renvoient à un passé glorieux, en même temps qu’elles annoncent déjà le monde nouveau qui est en train de naître sous nos yeux.

Excellences

Mesdames et Messieurs,

Le présent Sommet se tient dans un contexte international préoccupant, marqué par la montée de l’unilatéralisme.

Cette situation est lourde de conséquences pour la paix et la sécurité mondiales.

Elle compromet notre capacité à répondre aux défis globaux et complexes qui nous interpellent tous.

Elle constitue une entrave de plus à l’émergence d’un ordre mondial plus équitable et plus juste.

L’Union africaine milite activement pour un multilatéralisme rénové, basé sur les valeurs de solidarité, de générosité et de compréhension entre toutes les nations. Ce multilatéralisme ne saurait s’élaborer et s’épanouir que sous l’empire de la primauté du droit et dans le respect de la centralité du rôle des Nation unies, en tant qu’institution au service de l’ensemble de l’humanité.

Excellences Mesdames et Messieurs, notre Sommet nous offre une double opportunité.

Il s’agit, d’une part, de réaffirmer notre attachement indéfectible au multilatéralisme.

Il s’agit, d’autre part, de poser des jalons supplémentaires pour l’émergence d’une gouvernance mondiale véritablement inclusive. Celle-ci doit, en d’autres termes, se départir de toute tentative de perpétuation des équilibres anachroniques hérités de la Deuxième Guerre mondiale, pour prendre en compte les réalités du monde actuel.

À cet égard, la nécessité de la réforme des institutions financières internationales et du Conseil de sécurité des Nations unies devient chaque jour plus pressante. D’une façon plus générale, il importe d’imprimer une plus grande transparence aux processus de production des normes qui régissent le fonctionnement de notre planète.

Dans cet environnement international incertain, il est réconfortant de relever que le partenariat sino-africain constitue aujourd’hui un socle solide pour la nouvelle gouvernance mondiale à laquelle nous aspirons.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

L’esprit qui anime notre relation nous a permis, en un peu moins de deux décennies, de franchir des pas de géant. C’est ici pour moi l’occasion de rendre hommage au Président Xi-Jinping, pour sa contribution déterminante aux succès ainsi engrangés.

Les avancées faites s’observent dans l’ampleur des travaux d’infrastructures entrepris en différentes régions du continent, grâce à la coopération chinoise, et dans l’accroissement impressionnant du volume des échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine.

Elles se donnent aussi à voir dans le secteur de la paix et de la sécurité, comme l’illustrent la participation de la Chine aux opérations de maintien de la paix conduites sur le continent et la constance de son soutien aux positions africaines au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies.

S’agissant plus spécifiquement des rapports avec la Commission de l’Union africaine, il convient de faire mention du fécond dialogue stratégique organisé régulièrement avec la Chine sur nombre de questions d’intérêt mutuel.

Avec l’établissement, formalisé hier, de la représentation de l’Union africaine à Pékin et la réforme institutionnelle en cours de notre Union, pour en faire le véritable porte-voix de notre continent, ce dialogue se renforcera. Celui-ci, faut-il le rappeler, se double de réalisations très concrètes en faveur de la Commission de l’Union africaine.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Les résultats de ce Sommet doivent conforter le processus d’intégration en cours sur notre continent et aider à accélérer son développement.

Nos assises se tiennent à un moment où l’intégration africaine connaît une accélération incontestable, qu’illustrent l’Accord sur la Zone de libre-échange, le Protocole sur la liberté de mouvement des personnes et le passeport africain et le Marché unique sur le transport aérien. Ces initiatives permettront de décloisonner l’espace africain et, partant, de créer un environnement propice à des relations économiques plus étroites avec nos partenaires internationaux, au premier rang desquels la République populaire de Chine.

Dans ce contexte, l’on ne soulignera jamais assez le caractère urgent d’investissements encore plus massifs dans les projets d’infrastructure de dimension régionale, ainsi que dans les secteurs industriel et agricole.

Une attention égale doit être prêtée à l’innovation et aux technologies de pointe, pour permettre à l’Afrique de tirer parti de la quatrième révolution industrielle. Nombre de leçons peuvent, au demeurant, être tirées de l’expérience chinoise et des ambitions fort légitimes qu’elle s’est données en ce domaine.

Pour arriver à ces résultats, nous devons optimiser les synergies entre l’Agenda 2063 et l’Initiative dite de la Ceinture et de la Route, que l’Union africaine accueille favorablement.

À ce sujet, je sais bien les inquiétudes exprimées ici et là quant aux risques de surendettement et à ses conséquences. Outre le fait que ces risques doivent être relativisés, la réalité est que les besoins en financement de l’Afrique sont tels que le continent doit saisir toutes les opportunités qui se présentent à lui, en l’espèce celles si généreusement offertes par la Chine.

Je voudrais, enfin, réitérer la nécessité de renforcer les liaisons aériennes et maritimes entre l’Afrique et la Chine. C’est là une impératif pour l’expansion continue de nos relations humaines et commerciales.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

La relation entre la Chine et l’Afrique est pluri-séculaire. Elle se nourrit d’une expérience commune de résistance à la domination étrangère et d’une solidarité à toute épreuve dans la lutte pour la liberté et la dignité nationales, ainsi que d’une aspiration partagée à un monde plus juste. Elle a, avec le temps, acquis une dimension économique, commerciale et humaine d’une particulière densité.

Notre partenariat a déjà apporté la preuve de sa capacité à transformer, pour le meilleur, le destin de nos peuples.

Il a aussi le potentiel de redessiner la carte géopolitique mondiale.

Après tout, l’Afrique et la Chine représentent, à elles seules, plus du tiers de l’humanité. C’est là une force qui ne peut être ignorée, surtout si nous persévérons dans la voie que nous avons choisie.

Je ne saurais finir sans exprimer mes vifs remerciements au Gouvernement et au peuple chinois pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

Posted by situationroom
Last updated by Messay

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