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Excellence M. Albert Pahimi Padacké, Premier Ministre de la République du Tchad; Cher Ami et Frère;

Excellences Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement du Tchad;

Excellences Mesdames et Messieurs les ministres et Ambassadeurs des États membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad et du Benin;

Excellences Ambassadeurs et représentants des corps diplomatiques et consulaires;

Excellences les Représentants des organisations partenaires;

Excellences, chers participants, honorables Invités. 

Permettez-moi, au nom du Président de la Commission de l'Union africaine, S.E. Moussa Faki Mahamat, et en mon nom propre, d'exprimer notre profonde gratitude au gouvernement et au peuple du Tchad pour l'accueil fraternel qui nous est toujours réservé ici à N’Djamena.  

Je voudrais également remercier tout particulièrement Son Excellence le Président Idriss Deby Itno, Président de la République du Tchad, pour son engagement et sa contribution remarquable au retour de la paix et de la sécurité dans la région du Lac Tchad et au Sahel, qui nous permet de nous retrouver aujourd’hui pour évoquer la stabilisation et le développement de cette partie du continent. 

Mesdames et Messieurs,

Que de chemin parcouru depuis deux ans de lutte implacable contre les menées terroristes de Boko Haram, que de femmes violentées et violées et d’enfants privés de leur innocence, que d’écoles, usines et hôpitaux détruits et incendiés, que de sacrifices consentis pour libérer villes et villages des affres de ces criminelles, que de sourires aujourd’hui restaurés.

Cette rencontre de N’Djamena est une avancée victorieuse. Elle illustre un tournant décisif dans la réduction de la menace, mais surtout un renouvellement du serment pour ne pas baisser la garde et éradiquer cette horde d’assassins.

C’est également un moment de communion et d’écoute de ceux qui ont subi dans leur chair, leurs biens et parfois leur dignité, cette terrible épreuve.

Gloire à nos héros tombés au champ d’honneur. Et nos prières pour toutes les victimes du terrorisme. 

Au nom de l’Union africaine, je voudrais réaffirmer notre entière solidarité avec les pays du Lac Tchad et notre détermination à les accompagner dans cette lutte salutaire, existentielle.    

Excellence M. le Premier Ministre,

Excellences, chers participants, honorables Invités,

Nous avons en effet parcouru bien du chemin depuis ce 20 janvier 2015, lorsque les Ministres des Affaires Étrangères et de la Défense des États membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad et du Benin, ensemble avec l’Union africaine et certains de nos partenaires stratégiques, se sont réunis à Niamey, sous la présidence de mon Ami et Frère Son Excellence Mohamed Bazoum, alors Ministre d’État, Ministre des Affaires des Étrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur, pour examiner la mise en œuvre des décisions et engagements pris lors de différents forums internationaux tenus dans le cadre de la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.

J’avais moi-même conduit une délégation de l’Union africaine et j’ai eu l’occasion d’articuler, à cette occasion et dans le cadre du Communiqué, en date 25 novembre 2014, de notre Conseil de paix et de sécurité, quelques éléments de l’action envisagée par l’UA, pour soutenir les pays de la région. 

Nous avons soumis, le 29 janvier 2015, au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de notre Organisation, réuni au niveau des chefs d’État et de gouvernement, un rapport préliminaire sur l’évolution de la situation dans la région du fait des activités de Boko Haram et proposé notre expertise pour soutenir l’opérationnalisation de la Force multinationale mixte de la CBLT et d’autoriser son déploiement, conformément au mandat que notre Département a élaboré, autour du triptyque sécurisation-stabilisation-assistance humanitaire. Le CPS a ainsi autorisé le déploiement de la FMM et demandé à la Commission de l’UA, en collaboration avec les pays et entités de la région, ainsi qu’avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux, d’élaborer un Concept Stratégique des Opérations, un Concept de soutien logistique au profit des unités nationales, des Règles d’engagement adaptées, ainsi que les arrangements juridiques pertinents pour soutenir la FMM. Mission accomplie du 5 au 7 février 2015 à Yaoundé, au Cameroun.

Excellences, chers participants, honorables Invités,

La suite est désormais connue. La FMM a intensifié et mené ses opérations militaires au pas de charge, qui progressivement ont éreinté Boko Haram, successivement à Gamboru Ngala, dans l’État de Borno, dans la forêt de Sambisa, à Monguno, à Baga, à Garambu, à la frontière entre le Nigéria et le Cameroun, à Fotokol, Amchidé, Diffa, Damasak et dans bien d’autres localités. 

Le soutien de la Commission à la FMM s’est en outre matérialisé par l’organisation conjointe, comme je l’ai préalablement souligné, avec le Secrétariat exécutif de la CBLT, des conférences de planification aux niveaux stratégique et opératif, de même que par l’organisation d’une Conférence des contributeurs au profit de la CBLT, ainsi que par une présence effective auprès du Secrétariat exécutif de la CBLT et du Quartier Général de la FMM.

La Commission s’est également illustrée par la fourniture de matériels pour les systèmes d’information et de communication, ce qui a, depuis le début des opérations, permis d’assurer les liaisons entre le QG de la FMM et les secteurs opérationnels, ainsi que de fournir des moyens de mobilité terrestre. D’autres équipements ont été réalisés et mis à la disposition de la FMM, dans le cadre du soutien additionnel mobilisé par l’UA, au profit de la Force.

Au plan politique, la visite du Président Moussa Faki Mahamat, que j’ai eu l’honneur d’accompagner, ainsi que celle plus récente, du 27 au 31 juillet, du Conseil de paix et de sécurité de l’UA dans les pays affectés par ce groupe terroriste, attestent de cet engagement déterminé. Enfin, l’organisation conjointe de la présente Conférence de Stabilisation Régionale s’inscrit en cohérence et dans le continuum de la seconde Phase du mandat que le CPS de l’UA a octroyé à la FMM.      

Excellences, chers participants, honorables Invités,

Je crois que nous pouvons tous convenir de ce que les opérations militaires contre le groupe Boko Haram ont réussi à réduire ses capacités, en témoigne la baisse des attaques directes contre les communautés civiles et les installations gouvernementales, se limitant désormais à mener des attentats kamikazes dans des lieux publics et contre des populations civiles, comme ce fut le cas à Maiduguri, le 22 octobre, faisant lâchement treize morts et plus d’une dizaine de blessés.

Je voudrais insister ici sur le fait que l’engagement militaire et l’intensification des actions de coercition menées par les pays membres de la CBLT, à travers la FMM ou par les arrangements bilatéraux, étaient indispensables, salutaires et menés dans le strict respect des normes de l’Union africaine en matière des droits de l’homme et conformément à la politique de tolérance zéro de toutes les violences et abus contre les femmes. Cet effort militaire initial a permis de sauver des centaines de milliers de vies et contribué incontestablement à créer les conditions propices à la réalisation du projet d’une indispensable stabilisation nationale et régionale. Mais comme vous le savez, Mesdames et Messieurs, la réponse militaire et sécuritaire ne suffit jamais, à elle seule, à trouver les réponses pérennes à tout l’éventail et à la complexité des problématiques en jeu, dans ce genre de situation. Dans la nouvelle phase qui s’ouvre, le projet d’une stabilisation dans les zones affectées par les activités de Boko Haram doit à présent se matérialiser par d’autres instruments d’action et de solidarité nationaux, régionaux et internationaux, en résonance avec l’impératif d’une appropriation réelle par les communautés et les États de la région.

Ce projet, doit nécessairement s’enraciner dans les réalités et dynamiques locales et prendre en compte des questions tout aussi essentielles liées, notamment, au Désarmement, à la Démobilisation, à la Réinsertion, au Rapatriement et à la Réinstallation des combattants désengagés de Boko Haram, la réinstallation des personnes déplacées et des réfugiés, le renforcement des capacités locales, le développement et la réconciliation au niveau local, la réhabilitation et l'amélioration des institutions chargées de l'état de droit, le soutien psychosocial et la dé-radicalisation. 

Permettez-moi d’insister sur un aspect crucial qui me semble être une précondition indispensable à la réussite de nos efforts. En effet, toutes les questions indiquées doivent être abordées, en tenant compte des besoins spécifiques en matière de Genre, ceux de la jeunesse, de la question des combattants mineurs, du dialogue communautaire et de la reconstruction du tissu social. Je puis vous assurer que l’Union africaine ne sera pas en reste et ira à la rencontre des populations vulnérables et défavorisées, afin d’engager les processus de dialogue communautaire, promouvoir la réconciliation, préparer le retour des réfugiés ou personnes déplacées, et enfin identifier des projets à  impact rapide, condition sine qua non de la stabilité et du développement dans les court et moyen termes.  

Excellences, chers participants, honorables Invités,

Je me dois de vous féliciter tous pour votre attitude proactive et pour les efforts accomplis au niveau de la région, qui reste pour nous l’élément central dans la résolution de la question de Boko Haram. Permettez-moi de formuler le vœu que vos échanges et recommandations nous permettront de contribuer à ouvrir des perspectives nouvelles, pour articuler une approche globale et pour consolider les gains engrangés. 

Pour notre part, nous y attachons un grand prix. Je vous exhorte donc à faire preuve de détermination et de pragmatisme dans vos délibérations pour que cette Conférence de stabilisation régionale soit synonyme d’espérance et de résilience pour les communautés meurtries.

Je vous remercie. 

 

Posted by Limi Mohammed

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